Futurescape : Art x Futur x Learning x IA, ISC Campus, Paris, 2023-24.
Futurescape Lab
Expérimentation Art, Futur et Innovation pédagogique
Campus ISC, Paris, 2023-2024.
Ce programme expérimental d’une année mené avec l’ISC Paris s’articule autour de l’exposition d’une nouvelle version du TAC Future Canvas déployé ici sous la forme d’une installation interactive dans le hall de l’école et appelée Futurescape.-
Celle-ci va permettre de mener différentes expérimentations pédagogiques et prospectives à destination des étudiants, enseignants, direction et entreprises partenaires de l’école, et prenant la forme de masterclass, atelier, publication, conférence.
-
L’atelier Futurescape Lab venait explorer les enjeux prospectifs de l’IA en utilisant l’installation et en travaillant à partir d’images du futur générées par IA. Un compte-rendu de l’expérimentation pédagogique est publié dans le Livre-Blanc de l’école.

Présentation du projet
L’ISC est une école de commerce parisienne fortement positionnée et engagée sur la diversité et l’inclusion, ainsi que sur l’innovation pédagogique, notamment par son approche du Action Learning.
Conçu spécifiquement pour l’école qui souhaitait introduire une dimension artistique dans ses innovations, le projet Futurescape s’articulait autour d’une installation artistique et prospective exposée dans le hall de l’école et se déroulait en plusieurs séquences de fin 2023 à fin 2024.
L’installation comprend une nouvelle version du TAC Future Canvas avec toujours ses 5 sphères, accroché sur un grand mur peint en vert (couleur des tableaux d’école), sur lequel il est possible d’écrire au marqueur blanc.
En introduction du projet, le Masterclass « Art et Futurs Inclusifs », destiné aux étudiants du Master International (module pédagogique dirigé par Sabine Bacouel), permettait de montrer comment les expérimentations artistiques contribuent au futur et peuvent être des vecteurs d’innovation inclusive, notamment urbaine.
L’atelier Futurescape Lab (voir ci-dessous les détails), programmé pendant la Semaine de l’Apprendre de l’école, invitait les étudiants internationaux (niveau master), à explorer, en utilisant l’installation artistique, les enjeux de l’Intelligence Artificielle, grand thème de l’année de l’école.
Un long article paru dans le Livre Blanc de l’école a permis de mettre en lumière les bénéfices de l’expérimentation pédagogique, que ce soit : le principe de « futur lab » qui stimule l’engagement, l’imagination ou le désir de compréhension (donc de chercher de la connaissance et d’apprendre) ; la mise en scène et en espace de l’expérience qui permet d’avoir une bonne dynamique collective (action learning), de sortir du format du cours conventionnel, voire de transgresser le cadre de l’école (interdiction d’écrire sur les murs) ; le travail par l’image, le diagramme ou le grand format, qui permet de visualiser et de raisonner autrement ; la restitution publique des production à l’occasion d’un événement de l’école comme accélérateur de motivation pour faire un travail abouti ; etc.
Plusieurs événements à destination des entreprises partenaires de l’école rythmait l’année et ont permis de mettre en perspective et valoriser le projet parmi les innovations de l’école, tels que par exemple le partenariat stratégique avec le très prometteur Handilab, développé par la Fondation Fiminco à St Denis.
Atelier Futurescape Lab
L’atelier commençait par un temps de réflexion partagée sur l’ampleur des enjeux de l’IA grâce au diagramme qui permet d’appréhender l’ampleur des impacts et la bigger picture – et d’autant plus que ce diagramme est né d’une réflexion sur les enjeux prospectifs de l’IA, voir à ce sujet la genèse du TAC Future Lab.
Les étudiants étaient ensuite invités choisir des sous-thèmes, et à décrypter des images du futur de ces sous-thèmes produites par Chat GPT + Dall-e pour réfléchir à la vision du futur ‘imaginée’ par l’IA, affûter leur sens critique et gagner en discernement sur ses biais implicites.
Les trois sous-thèmes étaient : Future of Eating, Future of Work, et Future of Dating.
Venait ensuite un temps d’ouverture créative avec l’installation qui servait d’espace de brainstorming et de génération d’hypothèses prospectives sur le futur dans une vision élargie du monde, afin que les groupes croisent leurs étonnements, interrogations et idées. La possibilité de circuler dans l’espace, d’écrire sur le mur et d’échanger en toute liberté contribuait au décloisonnement de la réflexion.
Les groupes de travail avait ensuite pour tâche de construire une vision d’avenir de leur sous-thème sur de grandes planches visuelles, en se servant du TAC Future Canvas, d’images et d’informations recherchées en ligne.
Pour en savoir plus, télécharger l’article paru dans le Livre Blanc de l’école + qq images ci-dessous.
Rappel des axes de recherche du lab
Axe 1 : Transitions et Mondes Futurs
Axe 2 : Innovation Méthodologie Prospective
Axe 3 : Art et Recherche Prospective
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TAC, AI and the Human Frontier, Muzeum Susch Magazine, 2020
Toward Alien Cosmologies,
AI and the Human Frontier
Essai et photomontages, Muzeum Susch Magazine MS#1, Suisse, 2020.
Faisant suite à la Disputaziune de 2018, cet essai revient sur les implications de l’IA et des technologies et combien elles font évoluer la condition humaine dans toutes ses dimensions. La peur qu’elles suscitent résonne avec celle provoquée par l’Anthropocène et les risques climatiques, et amplifie l’angoisse existentielle - énoncée par Heiddeger en ses temps - autant que le besoin de refonder de nouvelles visions du monde et de l’avenir.-
Des moodboards illustrent les parties du texte : Ecologie de la peur ; Nous sommes tous des aliens, nouveaux êtres et ontologies ; Négocier avec l’alien : vers un nouvel ordre relationnel, collaboratif et socio-économique ; Le féminisme comme filtre post-humain ; Distorsion spatiale, design d’écosystèmes étendus, et nouveaux panoramas conceptuels ; puis Science du futur.
Introduction
Since its launch in 2017, the Disputaziuns Susch conference series has adopted a multi-disciplinary approach to convening the most exciting and challenging thinkers – from scholars, artists and philosophers to authors, neuroscientists and historians – to engage in dynamic debates. Nestled in the shadow of the magnificent Alps, Muzeum Susch provides a peaceful haven in which ideas can be nurtured, deliberated and, ultimately, proposed as adaptable solutions rather than inflexible blueprints.
Having participated in the 2018 edition of Disputaziuns Susch, with her talk on ‘Artificial Intelligence and Feminism: A Mixed Feeling Thought Experiment’, Raphaële Bidault-Waddington’s latest essay references, in part, that year’s overarching theme ‘Do They Dream of Electric Sheep? Challenging Beliefs and Re-examining Assumptions about Artificial Intelligence’.
It is also informed by the central topic of Disputaziuns Susch 2019, ‘The Magicians of the Mountain’, which, paying homage to the celebrated encounter between philosophers Martin Heidegger and Ernst Cassirer in Davos in 1929, applies the question that led to their historical debate – ‘What is it to be human?’ – to alien cosmologies.
An Ecology of Fear
Martin Heidegger marked a turning point in the history of philosophy by including in his definition of existence mankind’s awareness of its finitude: the profound acknowledgement and anxiety of death. The emotional and bodily experience of fear became a keystone of Heidegger’s explorations of the human condition, in opposition to classic transcendental philosophy, which marginalized these feelings in the irrational (or animal) realms.
Today, with science demonstrating that emotions are biological processes which can be rationalized, instrumentalized or simulated by machines, fear still remains a core enzyme of the human condition and its ecosystems on all scales, from the individual to the societal to the global.
The most current threats – the anxiety and horror of environmental collapse (i.e. our awareness of earth’s tangible finitude) – are increasingly guiding the transformation of lifestyles and ethics. Young people around the world see the Anthropocene and the quest for environmental resilience as an urgent and powerful collective purpose.
Simultaneously, technology, AI and the broader digital transition are having an ambiguous anthropological impact on everything from the most intimate physical and psychological moments, to social interactions, to outer space and, ultimately, the hereafter. Impacting how we delineate the human condition, they are shaking up our cognitive belief systems and calling for new world visions.
Such bewildering disorientation, the vertigo of an expanded infinitude, provokes experiences that oscillate between fear and fascination. We need new cosmologies to apprehend and grapple with our presents and our futures.
We Are all Aliens, New Beings and Ontologies
Artificial Intelligence – i.e. algorithmic reasoning and machine learning – is not new, but the recent acceleration of calculation capacities and the sheer quantity of data available for training has allowed AI to be introduced in every facet of our existence on an unprecedented scale. This could be seen as just another advance in technology but, since AIs operate as black boxes, ‘mysterious machines’ [1] or alien knowledge, even their designers are not able to understand and justify their decision-making. This lack of explicability is at the heart of our fear and suspicion of AI – as though it is akin to a new form of magic.
Exactly what or who is AI? And what gives it the right to advise us, challenge us or take decisions for us? Accidents involving autonomous vehicles have already prompted the question, from a legal perspective, as to who is responsible: the company that manufactures the car or its designers, both of whom have been involved in setting up the hardware and software for decision-making.
Or is the vehicle an autonomous being acting on its own will? Conceptually, it is a fertile, rather than an extravagant, hypothesis to see AIs as a new family of algorithmic alien beings taking part in our social, mental and natural ecosystems, somewhere between the human (complex abstract reasoning capacity), the animal (non-human opaque behaviour) and machines (man-made and controlled artefacts). Designing future alien cosmologies means re-modelling the borders between these realms, at a time where they are challenged both physically and ontologically. In their eponymous 2016 publication, Beatriz Colomina and Mark Wigley ask: ‘Are We Human?’, proceeding to then detail how humanity has been continuously redesigning its own conditions throughout history. [2]
In physical terms, the frontier of biology and bio-engineering research shows that living cells can be fully designed, programmed and even 3D printed, denoting a new level of human mastery over life and living organs. The human body can be augmented with machinic and cyborg-like exo-skeletons to overcome disability [3] and even, as in the case of former Olympic sprinter Oscar Pistorius, to compete against and outperform non-augmented humans.
Medical science is similarly engaging with a new phase of evolution, concerning both reproduction and gender differentiation. What does ‘health’ mean under these new paradigms? When human senses can now be remodelled via different ‘mutant’ experiments, such as implants and biohacking, are we healing our bodies or improving them? Beyond this, digital technologies are even seeking to defy the physical limitation of death. These are not marginal experiments: technologies directly controlled by brain waves are already fully functioning and ready to be mass-marketed. As the Cyborg Foundation claims on its website: ‘We are the first generation able to decide what organs and senses we want to have.’ [4]
Exhibitions such as ‘New Sensorium’ at ZKM Karlsruhe in 2016 have highlighted artists’ engagement with the digital era’s transformation of human sensorial capacities and aesthetic codes, while Ian Cheng’s artificial life form project BOB (Bags of Belief) (2018–19) demonstrates how AI can assume many guises and can align with art to reflect mankind’s multitude of ambiguities, biases and distortions.
The distinction between human brain and machine mind is also becoming increasingly porous, with the one acting as a dynamic mirror to the other. While algorithms, in all their cognitive diversity, are showing affinities to (and differences from) human intelligence – sometimes mimicking it, sometimes overperforming it – we are still not entirely certain how the human mind functions.
Neuroscience and philosophy have remained separate fields for too long: now, they are in the process of resetting their disciplines to explore new convergences and confront the algorithmic evolution in different ways. In their recent publications, Yuval-Noah Harari [5] and Catherine Malabou [6] have argued that even the recognized human attribute of consciousness is becoming less concrete, demonstrating how the mind has its own ‘automatism’ that comes into play when making supposedly conscious decisions.
Is the human brain just as filtered by opaque biases as AI? Where do intelligence, truth and wisdom fit into all this? Human ethical and philosophical frameworks are being profoundly challenged by these new developments, consolidating the need for innovative, alien cosmologies.
Dealing with the Alien: a Relational, Collaborative and Socio-Economic New Order
Now omnipresent, computers and smartphones already dictate many of our life decisions, whether private, social or professional. Via our interactions with them, these machines participate in what Gilbert Simondon [7] calls the trans-individuation process – i.e. the construction of ourselves, both individually and collectively, as well as the design of societal networks and communities.
In recent decades, digital humanities have been highlighting these mechanisms and social transformations; with the introduction of AI, such relational patterns have led to the development of a new sociopsychology, beyond the interactive and the functional. Like personal assistants, machines have become increasingly tailored to our needs, mimicking us as individuals, and generating ever-more sophisticated, empathic, emotional and cognitive mechanisms and exchanges. A new society is emerging in which machines are stakeholders and anthropological definitions continue to evolve.
In work environments, the fear of seeing AI replace human labour is real and has been heightened by the general fragmentation and dissolution of workloads via the micro-tasking [8] economy and the shift from large corporations to informal organizations and peer-to-peer communities [9]. Yet, closer analysis reveals that AIs and machine learning – whether in the form of robots or bot interfaces – cannot deliver results without being trained and cared for by humans. This, again, mirrors how humans themselves develop skills. At a time when the knowledge economy is transforming in all fields – from academia and industry to the arts and third sector – this educational revolution, in which AI will play a pivotal role, is a subject of ongoing debate.
Ultimately, however, bias and value systems, as much as efficiency and responsibility, are at stake in this total reset of education, culture, economics and productivity.
The new alien cosmologies will involve these pioneering forms of training reciprocity and collaborative engagement (unlike the late-20th-century modes of communication that adhered to the information paradigm) and will call for fair-play guidelines that serve social justice. The relationship between humans and machines creates various interdependencies ranging from valuable support to subordination and even alienation.
Sentiments are provoked by these psycho-tech entanglements, especially when AIs coach or give advice. By providing feedback based on users’ mindscapes, AIs influence our quest for identity as much as they guide our decision-making – flattering our narcissism, fulfilling our demands for love and soothing our insecurities.
‘You look so good today,’ says your ideal augmented deep-fake persona and new friend. ‘You will never be alone.’ The pre-existing gamut of psychological games, rewarding mechanisms and social-structing [10] patterns can so easily be implemented with AI that users must remain ever-vigilant to the neural machinations in progress. The invisible workings of the market are also getting smarter and, as we know, employing all sorts of tricks to manipulate us into believing their promises.
Feminism as a Post-Human Filter
Unsurprisingly, feminine, sexualized AIs – caricatures of female instrumentalization – have proved successful in making AIs acceptable. They are kind and charming (the good girl), attentive (the good friend), entertaining and exciting (the escort, the prostitute) but no smarter than men: docile (the secretary), servile (the maid) and caring (the nurse).
By investing AIs with characteristics stereotypically perceived as female, fears around loss of control are abated while reciprocal empathy with the smart machine is prompted, at a time when for some, relationships between humans are increasingly volatile and disappointing. Sadly, this recalls (but also offers a new perspective on) the historical subordination of women by men.
Fear has been pivotal to the construction of that humanity-long history and anthropological bedrock. Finding solutions for the now-acknowledged risk of AIs’ gender or racial bias will certainly help to deconstruct this thread, rendering more transparent implicitly distorted value systems in men’s habits, such as those in recruitment, editorial or curating.
As part of the current anthropological turn toward alien cosmologies, AIs, with their presumably arbitration skills and ethical challenges, contribute to the redefinition of power, subordination and organizational models. Feminism offers a relevant conceptual matrix from which to draw new, impartial, inter-species relations, collaborations, organizations and justice.
Space Distortions, Expanded Ecosystem Designs and New Conceptual Panoramas
Beyond the ontological and relational, the AI paradigm not only conjures new constellations, values and representational systems, which influence our minds as much as AIs, but also new ambient technology ecosystems, fully entangled with socio-political and natural ecosystems.
Whether we speak of block-chain decentralized networks, of 5G technologies that increasingly connect, augment and accelerate, or of the cloud now populated with billions of smart bots and algorithmic entities, the digital realm is limitless. Its sprawling sensors, data and AIs not only serve ethically dubious purposes – political surveillance, social-credit checks, facial recognition, information distortion, military strategy, etc. – but are intrinsic to essential services such as health care and climatology and, consequently, will only continue to expand. Prompting radical criticism [11], the Anthropocene is fast becoming the byword for a new era of manmade geo-engineering that has ushered in global power and economic games.
In the midst of all this, the pertinent question we should really be asking is: what environmental governance could we design to reach a Green New Deal [12]? American communications giant OneWeb is building a network of satellites across Earth to enable permanent connectivity and so does China with the Hongyan constellation. Autonomous AIs will soon lead space-exploration vehicles [13], in a bid to expand human life into outer space, raising further anthropological concerns [14]. Both physically and conceptually, the AI era is of cosmological order, and thus cosmological theories can be of help in better grasping or representing the ubiquitous, multi-dimensional and distorted world being created.
Politically, alien cosmologies would need to include natural and intelligent entities – at the intersection of the cosmopolitical ‘Parliament of Things’, proposed by Bruno Latour in We Have Never Been Modern (1991), and Antoinette Rouvroy’s research into algorithmic democracy [15].
Spatially, we need to devise ‘cosmo-geographic’ maps in order to visualize the entanglement of virtual and real ecosystems, as well as to shed light on the invisible constellations of the digital AI era. Such efforts could help forge cognitive common ground with the black boxes of AIs, since their algorithmic ‘mind’ does not have a sense of space or gravity.
Future Science
Knowledge, truth and value systems are everywhere at stake in these post-human and post-truth alien cosmologies. The current ‘biology of disinformation’ [16] – unmoderated propaganda and viral media manipulation effective on a global scale – is not based on clear logic and intersects with the indistinct zone of our emotions, reptilian imagination and unconscious belief mechanisms.
The new ecology and economy of fear (and, with it, our hopes – demands – for salvation) are re-orienting, challenging or rendering obsolete the libidinal economy of desire. Both nestle in the part of our brain beneath rationale and ethics, adjacent to our innate comfort zone. Tapping into these existential human uncertainties – particularly in tandem with AI’s ‘magical’ power – is both alarming yet mesmerizing. Mimicking religious messianic or esoteric narratives, Ray Kurzweil’s The Singularity Is Near (2005) – which predicts such an exponential increase in technology that machine intelligence will far outstrip human intelligence – also plays on our innate risk-averse vulnerability.
In response, more holistic concepts, such as the pluriversity (the post-decolonization alternative to the universal dissemination of a Eurocentric model) or cosmo-technics (the conceptualization of a renewed relation between nature and technology, developed by Chinese philosopher Yuk Hui [17]) are proposing new technological futures, prompting discerning and emancipatory thinking.
What is missing in the current intellectual landscape – which has only recently become a concern in anthropological studies [18] but will be pivotal to designing alien cosmologies – is humanity’s dynamic and creative relationship to the future. Every facet of human existence is informed and influenced by this subjective and approximate computation. Occurring at the intersection of the real, the rational and the fictional, it provokes as much as fear as it inspires desire, agency and belief. To the opposite of science that is not meant to tell or demonstrate the future, predictive AIs are already massively influencing human future speculations.
The arts also play their part, having always served as lens through which to apprehend the future imaginings of its time. And more esoteric sciences start making sense at this frontier of the known and of the rational. Hydro-feminism (Neimas) emphasises the continuity of water and information between the inside and the outside of humans and relevantly defies the continuity/discontinuity anthropological matrix designed by Descola. Afro-futurism, which sees human as aliens, gives space to the invisible and reactivates a creative and projective relation to the cosmos to envision social justice, is also a valid inspiration.
The cosmos is a historical reflector of mankind’s comprehension of its future, acting as a screen onto which we project more or less idealized scenarios: from a house of god(s) that rules the world to a thrilling alien, non-gravitational playground to a potential means of survival and battle field.
What peaceful and resilient alien cosmologies can we design on that horizon to emancipate ourselves from these overly simplistic, fear-driven caricatures and futures? This is the first step we must take to address the Anthropocene and AI era, to reboot our mindset and lifestyles at the edge of the human condition, of science and of the future.
Notes
1 – Title of cover story about AI, MIT Technology Review, May/June 2017
2 – B. Colomina and M. Wigley, Are We Human? Notes on an Archaeology of Design, Lars Müller Publishers, 2016
3 – See cases of formerly disabled, ‘bionic’ men such as rock climber Hugh Herr or body builder Edgard John-Augustin
4 – Quote from www.cyborgfoundation.com
5 – Y.N. Harari, Homo Deus: a Brief History of Tomorrow, Harvill Secker, 2016
6 – C. Malabou, Métamorphoses de l’intelligence, Presses Universitaires de France, 2017
7 – G. Simondon, L’individuation psychique et collective, Paris, Aubier, 1989
8 – See the TaskRabbit.com platform developed by Amazon
9 – The music and media industries were among the first affected by job losses, due to the rise of informal content production on streaming platforms such as YouTube; apps like uber have extended this process while white collar and cognitive services are now becoming affected.
10 – See Marina Gorbis, The Nature of the Future: Dispatches from the Socialstructed World, 2013
11 – See: T.J. Demos ‘To Save a World: Geo-engineering, Conflictual Futurisms and the Unthinkable’, e-flux journal #94, 2018
12 – J. Rifkin, The Green New Deal: Why the Fossil Fuel Civilization Will Collapse by 2028, and the Bold Economic Plan to Save Life on Earth, St Martin Press, 2019
13 – In 2018, for instance, Nasa placed the robot CIMON aboard the International Space Station.
14 – See: ‘Toward an Anthropology of Space; Orientating Cosmological Futures’, a conference at the Institute of Advanced Studies, University College London, 2017
15 – ‘The end(s) of critique: data-behaviourism vs. due-process’, in Hildebrandt, M. and De Vries, E. (eds.) Privacy, Due process and the Computational Turn: Philosophers of Law Meet Philosophers of Technology, Routledge, 2012
16 – See: J. Dunagan, D. Pescovitz and D. Rushkoff, ‘The Biology of Disinformation’ report, Institute for the Future, Palo Alto, 2018
17 – Y. Hui, ‘Cosmotechnics as Cosmopolitics’, e-flux journal #86, 2017
18 – Among many recent publications showing the rising concern for the future in the anthropology community see: S. Pink and J.F. Salazar, Anthropologies and Futures: Researching Emerging and Uncertain Worlds, Bloomsbury, 2017
Raphaële Bidault-Waddington
Rappel des axes de recherche du lab
Axe 1 : Transitions et Mondes Futurs
Axe 2 : Innovation Méthodologie Prospective
Axe 3 : Art et Recherche Prospective
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Symposium 'Prototyping Futures', Cercle 'Cybiosis', NSU, Diffrakt, Berlin, 2020
Toward Alien Cosmologies
Prototyping a future conceptual canvas of the AI era
Symposium ‘Prototyping Futures’, Nordic Summer University, Study circle « Cybiosis : Shaping Human-Technology Futures », at Diffrakt – Centre for Theoretical Periphery, Berlin, 2020.
Tirant des conclusions des travaux précédents sur les enjeux prospectifs de l’IA et sur l’ampleur de son impact sur le monde, ce rendez-vous est l’occasion de prototyper et mettre en discussion avec un cercle de recherche artistique et hybride, un premier canevas conceptuel servant d’outil possible pour structurer une perspective d’avenir.-
Ce premier diagramme sert en premier lieu à positionner et ordonner des thèmes prospectifs de manière très fluide, exploratoire et sans objectif spécifique. Il comprend à ce stade 4 sphères soit 4 dimensions du monde : Mysterious Machines (êtres humains et non-humains), Life-Style Design (Modes de vies et usages), Multi-dimensional Ecosystems (Systèmes et planète), et Bigger Pictures (Visions du monde).
Abstract
Toward alien cosmologies is an exploratory and incomplete conceptual canvas we started to model in 2017 in the frame of a research on the societal impacts of AI (commissioned by a future research agency), using a « weak signals » prospective methodology. AI is touching on and distorting every facets and dimensions of our existences, from the most intimate sphere to the society, the city, the economy, the law and even the planet and the space. It has become an ambiguous mirror of the human condition and of all of our uncertainties at each of theses scales.
In this new paradigm, the human is as alien as the AI, and both need new world visions (cosmologies). Toward alien cosmologies is an investigation to design new, humble and approximating anthropological futures in the AI era, using a creative and hybrid method that allows to bridge knowledge disciplines and social practices. For the symposium, we offer to briefly share the past research steps and continue the process of designing the alien cosmologies future research framework.
The live presentation will be an occasion to test and discuss with the audience its latest prototype, taking the shape of a large scale conceptual diagram, and mapping the future speculative panorama.
Following the first research step, we tested in 2018-19 with design students (Duperré School) and engineering researchers (Telecom Paris Tech), a series of (incomplete) design fiction experiments to prototype possible futures situations via indirect creative and critical experiences that still give a concrete sense of their materialization and allow to appreciating their multidimensional impacts. This prototyping method allows a concern for the broader societal and symbolic dimensions, is an alternative to pragmatic « solutionist » or object-based prototypes, and offer new possibilities to prototype at the large scale (eg. organizations, cities, worlds) or in the conceptual realm (as we do).
These experiments dialog with more theoretical and multi-disciplinary investigations to be shared in conferences such as at Susch Muzeum (Switzerland) and a long essay in the museum annual publication due soon. As in the diagram, classic theories (philosophy, anthropology, ecology, digital humanities) entangle with more fringe fields (afro-futurism, hydro-feminism, dataism).
RBW
Slides de l'intervention
A propos de "Prototyping Futures", Nordic Summer University Winter Symposium
Symposium organised by NSU Study Circle #2: Cybioses – Shaping Human-Technology Futures
SCIENTIFIC / ORGANIZATION TEAM : Palle Dahlstedt, Rafael Dernbach and Maru Mushtrieva
In our previous symposia, we have examined improvisation, creativity, and projection as key practices of shaping futures: when is improvisation required in making or imagining futures? Can creativity be automated? And how can projecting into the future prevent us from repeating and prolonging what already exists today?
For our fourth symposium, we want to examine the practice of prototyping. Building a prototype means creating an incomplete sample or model to test an idea. Prototyping usually has two features: firstly, it demonstrates the feasibility of an idea. Often this occurs by translating conceptual knowledge to experiential knowledge: what has worked in theory becomes visible and palpable and then hopefully works in practice as well.
And secondly, prototyping accelerates a production process. The incompleteness, small scale or limited functionality of a prototype allows for an accelerated test. Simply said, the quickest way to build something is to build something else.
About NSU Study Circle ‘Cybioses’ : www.nsuweb.org/study-circles/circle-2-cybioses-life-in-the-future-imperfect/
Rappel des axes de recherche du lab
Axe 1 : Transitions et Mondes Futurs
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Disputaziune #2 « Do They Dream of Electronic Sheeps » (Curator: Mareike Dittmer), Muzeum Susch, Suisse, 2018.
Cette keynote est l’occasion de reformuler de manière très synthétique les enjeux multi-scalaires de l’IA depuis leur ambiguïté ontologique jusqu’au défis planétaires, puis d’adresser plus spécifiquement la question du genre, en s’appuyant sur de nombreux ‘signes du futur’ ainsi que sur les expériences fictionnelles du lab réalisé cette même année.-
Biais genrés des algorithmes et du machine learning accentuant les inégalités et les clichés, féminisation archétypale des interfaces de l’IA favorisant leur acceptabilité, sexbots augmenté d’IA, reproduction humaine optimisée ou remplacée par l’IA, IA ersatz de la relation amoureuse ou du besoin d’amour universel…
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Les enjeux de l’IA qui se jouent en miroir de ceux de l’humanité, permettent de revisiter sous un nouvel angle toutes les problématiques du genre, et de mobiliser les philosophies féministes à l’endroit des technologies et notamment de leur subordination.

Following a series of recent researches about the future of AI and its specific ecology of affects, I would like to create and share a new thought experiment, to highlight critical issues, address ambiguities and play with paradoxes at the cross-road of AI and Feminism. The discursive perambulation will set and navigate a broad almost vertiginous, cognitive panorama, mirroring the one of AI.
RBW
Slides de l'intervention
A propos de Dispataziune Susch #2 "Do They Dream of Electric Sheep"?
Challenging beliefs and re-examining assumptions about Artificial Intelligence
The main game changer for the coming years, AI and its (potential) uses have implications and consequences not only in economic terms, but also on culture, ethics and believe systems. Pessimists and those who fear, see rising (human) unemployment and civil unrest coming along, while optimists and those who embrace, are painting a bright future of leisure and creativity.
Either way, other than previous industrial revolutions that saw machinery and tools filling in for mechanical human skills, this time our mental functions are about to be replaced – by machines who are supposed to making predictions and decisions faster and with more accuracy than the human brain can comprehend.
The scale of this challenge has not fully arrived with government agencies, business leaders and scientists, and it seems essential to think about frameworks and regulations that would accompany this change before it settles without other leading forces than the profit-making of the tech industries. Algorithmic deficiencies based on the biases of the programmers need to be identified and a code of conduct as well as greater diversity among the engineers and computer scientists developing AI could go a long way toward minimizing these biases.
To quote Marina Gorbis, executive director of the Institute for the Future: “We need technologists who understand history, who understand economics, who are in conversations with philosophers, we need to have this conversation because our technologists are no longer just developing apps, they’re developing political and economic systems.” These are very present issues that need to be urgently addressed, since the technologies become more prevalent.
Thus, we want to bring diverse speakers from science, art, academia, tech and economy together to analyse the factual status of AI, its impact and its possible futures, and to discuss agencies broaching the mysticism of both technological and artificial power structures, the changing narratives in the human machine discourse and the transfer of gender imbalances from the physical to digital worlds:
Can empathy be programmed and what is it to be human? Does it matter that AI is 95% coded by men? Do we replace the Deus ex Machina with machines with godlike attributes? What holds believes?
By taking facts to arguments and charging them with tension we will intensify the energy thinking holds and playfully expand realities.
Rappel des axes de recherche du lab
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Axe 2 : Innovation Méthodologie Prospective
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Futur x IA x Design Spéculatif, Ecole Duperré, Paris, 2018
Futur x IA x Design
Cycle d’ateliers de Design Spéculatif
Classe préparatoire à l’Ecole Normale Supérieure Option Design, Ecole Duperré Design, Paris, 2018.
Hybridant pédagogie et exploration prospective par le Design Fiction et l’image, ce cycle d’atelier invitait les étudiants à découvrir les enjeux de l’IA en termes de design (AI Design) puis à prototyper différentes mises en scène possibles, d'une fiction future imaginée dans l’étape de recherche précédente (réalisée avec les chercheurs de Paris Tech).-
Dans ce récit, une IA livre ses prescription personnalisées en mots et en images, via une interface avec laquelle les utilisateurs développent une proximité relationnelle inédite et bien plus complexe qu’une simple interaction fonctionnelle.
-
Les étudiants imaginent, donnent à sentir, et interrogent des situations d’usage de cette IA dans un domaine de leur choix. Les thèmes retenus sont l'alimentation, l'éducation, l'environnement, la mobilité, le sport, le dating et la reproduction.
Introduction
Le cycle d’ateliers s’inscrit dans le cours de la designer Nounja Djamil avec qui le programme est coconçu et copiloté, se déroule en 5 séances sur une période de trois mois, et comprend un travail conséquent de recherche-création mené par les étudiants entre chaque séance.
En phase initiale, les étudiants découvrent les laboratoires de recherche artistique et prospective de RBW qui permettent d’apporter de la pédagogie sur la recherche par l’image, le futur et l’Intelligence Artificielle.
Son laboratoire d’image donne un exemple et permet de visualiser de comment réfléchir, spéculer, et développer des dispositifs, des concepts ou des narrations à partir de (ses) banques d’images photographiques – d’autres exemples et réflexions sur les banques d’images sont également présentés.
Son laboratoire d’idées (a.k.a LIID Future Lab) permet une première initiation d’une part à l’analyse de tendance par décryptage de « signaux faibles » (images et informations considérés comme des ‘signes du futur’), d’autre part au Design Fiction et à la conception de ‘prototype spéculatif’ pour donner à sentir des visions critiques du futur – avec l’exemple de « Paris Ars Universalis, scénario-fiction d’un futur Grand Paris ».
Enfin, le TAC Future Lab apporte des éclairages sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle, ses principes algorithmiques et de machine learning (dont curation à partir de banques d’image), ou encore les imaginaires et les pratiques de design d’IA (pratiqué notamment chez Facebook).

Pitch
Les 40 étudiants sont ensuite invités à s’approprier l’une des fictions futures développées par RBW avec les chercheurs de Telecom Paris Tech (voir étape de recherche dédiée), dans laquelle le CGG (Consortium Godel & Glitch) a développé une interface de recommandation personnalisée sur de nombreux sujets.
Cette IA est devenue un inestimable complice de tout un chacun, non sans une certaine ambiguïté dans les relations homme-machine et des implications bien plus complexes et existentielles, qu’une relation simplement fonctionnelle.
Chaque groupe (8 groupes de 5 étudiants) est invité à choisir un domaine d’application, à imaginer des artefacts/interfaces de recommandation par l’image, des personas et des situations spéculatives révélant les variations créatives potentielles ainsi que les enjeux critiques sous-jacents.
Les étudiants utilisent les médias créatifs de leur choix (curation online et moodboards, dessin, photomontage, vidéo, performance, etc.) pour partager leurs travaux.

Conclusion
Les situations imaginées (voir ci-dessous) par les étudiants révèlent une excellente appropriation du pitch, créativité et investigation, ainsi qu’une bonne diversité d’angle d’approche. Elles oscillent entre des scénarios plus ou moins positifs, critiques et plausibles, en gardant un ancrage dans la réalité et avec un bon niveau de nuances et de détails.
Chaque ‘spéculation’ a ainsi donné lieu à de riches échanges avec et entre les étudiants, pour petit à petit dépasser l’échelle des situations explorées, conscientiser collectivement l’ampleur des implications de l’IA dans la société et le monde, et en saisir pleinement aussi bien les risques que les bénéfices.
L’approche par le design spéculatif a manifestement permis de dédramatiser les discours dominants (utopistes ou alarmistes) face à l’IA – et d’éviter l’écueil de la sur-dramatisation que l’on trouve souvent dans les méthodes de recherches prospectives inspirées de la Science-Fiction.
Aperçu des résultats
A l’issue du processus, les groupes présentaient leurs situations spéculatives à l’oral avec tous l’éventail de leurs matériaux de recherche projetés et/ou présentés sur tables, suivi d’une discussion collective. Nous donnons ici un résumé succinct de chaque groupe.
Le Groupe 1 se focalise sur les arts culinaires et la suggestion de recettes ‘tendances’ et personnalisées qui répondent aux besoins de chacun (calories, intolérances, restrictions, préférences, temps de préparation, etc.) mais permettent aussi de revaloriser les patrimoines gastronomiques du monde entier…

Le Groupe 2 adresse un sujet plus critique, celui de la reproduction assistée par IA, qui permet via un utérus artificiel et une IA qui sélectionne les meilleures séquences ADN, d’optimiser sa descendance et le design d’humains…

Le Groupe 3 se penche sur la ‘crise tactile’, et propose une IA ‘robot érotique’ qui d’une part aide et guide, aussi bien la main humaine que la main artificielle, pour apprendre à se toucher, se caresser ou se masser. Comme la vidéo réalisée le montre, cette guidance passe par un système d’éclairage coloré projeté sur les corps, qui indique de manière très subtile les zones, la diversité ou l’intensité des manipulations.

Le Groupe 4 imagine une IA,véritable activiste antiplastique, suggérant des modalités d’interventions que ce soit pour limiter la consommation d’emballage, faire évoluer les modes de fabrications, favoriser l’écodesign ou agir pour sauver les océans de la pollution plastique.

Le Groupe 5 s’intéresse à la difficulté d’optimiser les équations et solutions de mobilité urbaine, et propose un algorithme qui aide à arbitrer entre de nombreuses hypothèses multimodales, bien trop complexes pour l’entendement humain. Dans le cas du Grand Paris pris en exemple (avec un brin d’ironie), la tendance suggérée semble cependant étrangement simple avec le choix d’un méga métro appelé « Le Tube », semant le doute sur l’utilisation de l’IA par les politiques.

Le Groupe 6 imagine une interface de dating immersive et cinématographique, qui permet à des humains de se rencontrer et de flirter dans des univers virtuels, où ils viennent rejouer des séquences de leurs films préférés, comme étape préliminaire à une rencontre réelle…

Le groupe 7 conçoit une interface d’’edutainment’ (education + entertainment) qui permet d’apprendre en jouant avec une IA. Cette interface se projette sur un mur pour éviter l’immobilisme et l’étroitesse de l’écran, et favoriser la mobilisation du corps dans le processus d’apprentissage. De très nombreux type de connaissances et de compétences sont possibles.

Le Groupe 8 propose une plateforme de recommandation de solution individuelle de mise en forme avec une approche très complète et boostée du corps : sport, fitness, soin, médecines alternatives, pharmacologie augmentée, data-analytics, quantify-self, chirurgie esthétique, body-enhancement, bio-hacking, design prothétique, etc. au risque d’un rapport au corps obsessionnel et à tendance post-humaine…

Rappel des axes de recherche du lab
Axe 1 : Transitions et Mondes Futurs
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Futur de l’Intelligence Artificielle Générale
Expérience de recherche prospective par la fiction
Commande du programme FORCCAST, Telecom Paris Tech, Paris, 2018.
Cette expérience de recherche menée avec une équipe de chercheurs de Telecom Paris Tech - dans le cadre de sa contribution au programme interdisciplinaire Forccast - a consisté à développer une série de fictions spéculatives situées en 2050 et révélant différents enjeux critiques du paradigme de l’Intelligence Artificielle Générale.-
Le protocole narratif spécifique et structuré en une série de courts récits enchâssés, permet d’aborder ces enjeux à différentes échelles, suivant notre principe de recherche ‘polygonale’. Ces récits intègrent des personnages mais aussi des organisations réelles et fictives, ouvrant des perspectives plus systémiques, stratégiques ou politiques. Une recherche picturale vient compléter les récits.

Collaboration avec Telecom Paristech et le programme Forccast
Suite à ses recherches dans le cahier Futur(s) et à la sortie de son livre « Paris Ars Universalis, scénario-fiction d’un futur Grand Paris » en 2017, Raphële Bidault-Waddington est mandatée par une équipe de Telecom Paris Tech pour développer une recherche par la fiction sur le futur de l’IA.
Cette expérimentation s’inscrit dans ses engagements pour (et est financé par) le programme transdisciplinaire FORCCAST impulsé par Bruno Latour et porté par un consortium d’écoles et d’universités (Science-Po, Mines Telecom Paris Tech, etc.).
Au sein de Forccast, les partenaires expérimentent différents formats de production et de transmission de connaissances. Du côté de Télécom Paristech, l’équipe conjugue deux dimensions fondamentales du programme : l’analyse des controverses et l’incarnation des acteurs par la simulation ou la fictionnalisation.
Reconceptualiser les enjeux de l’Intelligence Artificielle Générale
Cette collaboration donne lieu à la conception d’une dizaine de situations spéculatives toutes situées en 2050, où l’IA Générale dans toute sa diversité est utilisée et mise en récit pour en dérouler les implications (et les bugs) futures.
Le paradigme de l’IAG, l’Intelligence Artificielle Générale, est ici radicalement reconceptualisé comme celui d’un monde où les IAs se déclinent en de très nombreuses formes et modalités, et viennent trouver leur place dans toutes les dimensions de la société et de la réalité.
A l’inverse du concept habituel d’IA Générale, qui verrait celle-ci comme une forme d’intelligence générique, agnostique, et applicable à toute chose (simulacre d’une intelligence humaine soi-disant universelle), l’IA est ici envisagée dans sa plus grande diversité cognitive, relationnelle et de facto culturelle.
A noter que ce travail de reconceptualisation est essentiel dans la recherche prospective.
Protocole et architecture narrative innovante
Comme RBW l’avait fait dans Paris Ars Universalis, les récits incluent de nombreuses organisations autant réelles que fictives et dotées de stratégies, ceci permettant d’interroger les enjeux de l’IA à des échelles plus systémiques, et non simplement celle de l’expérience humaine (UX) habituellement retenue dans les pratiques de Design Fiction. Ce parti-pris multi-scalaire deviendra un élément clé de toute l’innovation méthodologique du TAC Future Lab et de la conception du TAC Future Canvas.
Le protocole narratif qui utilise un principe de récit enchâssé – chaque sous-histoire est une expérience d’un laboratoire fictif nommé Open Polygon, dont les protagonistes s’expriment et qui a sa propre histoire – permet de réaborder de manière plus critique et théorique chaque situation, et d’ouvrir ainsi encore d’autres perspectives (principe de recherche multi-facette dite ‘polygonale’).
Chaque récit est ainsi précédé d’un ensemble d’hypothèses spéculatives concernant le monde en 2050 et posées en préambule de l’histoire.
Enfin, une recherche d’images, dont certaines sont des créations de RBW, permet de donner à sentir encore autrement les situations et expériences spéculatives du futur de l’IA Générale.
Conçu comme un module d’expérimentation interne à l’équipe de recherche, ces travaux très riches et toujours très actuels n’ont malheureusement pas été publiés faute de budget disponible. Cette matière est cependant remobilisée dans d’autres expérience du TAC Future Lab.
Le Consortium Godel & Glitch (CGG) imaginé dans l’une des histoires est par exemple repris dans une expérience de Design Fiction menée avec les étudiants de l’Ecole Duperré à Paris.
In fine, cette expérimentation méthodologique et narrative, y compris ses écueils telles que sa non-publicisation, vient enrichir les démarches d’innovation méthodologique du TAC Future Lab.
Rappel des axes de recherche du lab
Axe 1 : Transitions et Mondes Futurs
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Vers des Cosmologies Alien
chapitre #8 'Nouvelle frontière des Sciences & Technologies'
Cahier FUTUR(S) #17, publication professionnelle, Peclers Future Trends, Paris, 2017. 250p.
Sans en dresser un panorama exhaustif, le dernier chapitre du Cahier FUTUR(S) interroge chaque année les avancées les plus saillantes de la sphère scientifique et technologique, et susceptibles d’avoir un impact sociétal profond dans les années à venir.-
En 2017, ce chapitre montre combien l’espace extra-terrestre devient un territoire de possibles qui ne relèvent plus de la Science-Fiction, et d’autre part combien l’IA, au seuil d’une croissance exponentielle, est amenée à devenir ce nouvel alien, avec lequel vivre, non sans perturber tous les domaines de la société. Ce très large spectre d’impacts incite à aller chercher de nouvelles visions du monde, de nouvelles cosmologies alien pour penser l’avenir.
-
D’autres chapitres du Cahier FUTUR(s) convergeaient également vers cette idée qui donnera naissance au TAC Future Lab l’année suivante…

Présentation
Edité chaque année par l’agence Peclers (jusqu’en 2018), le Cahier FUTUR(S) livre un panorama à 360° des tendances sociétales et internationales sur de nombreux sujets : identités, bien-être, innovation, technologies, économie collaborative, inclusion, développement durable, mobilité, résilience urbaine, tourisme, diversité et globalisation culturelle, soft-power, nouvelle frontière des sciences et de la connaissance, quête de sens et de spiritualité, etc.
Non disponible en librairie, cette publication professionnelle bilingue (Français-Anglais) vient nourrir les réflexions et stratégies de nombreux acteurs (entreprises, agences, instituts d’étude) dans le monde entier (40% Europe, 40% USA et Brésil, 30% Asie). Raphaële Bidault-Waddington a travaillé chaque année sur cahier de 2012 à 2018, et reprend dans TAC Future Lab des éléments de ces recherches, à commencer par l’édition 2017 dans lequel elle conceptualise pour la première fois la notion de Cosmologies Alien.
Dans le dernier chapitre de l’étude plus particulièrement centré sur la frontière des sciences et des technologies les plus avancées, l’analyse des signaux faibles montre à quelle point l’Intelligence artificielle va impacter la société et le monde dans une ampleur inédite. Technologie à la fois apprenante, conversationnelle et opaque, l’IA introduit de nouvelles modalités relationnelles, collaboratives, émotionnelles et ontologiques de l’ordre de l’alien, tandis que leur design demande de remodéliser et leur inculquer des ‘visions du monde’ (ce que les anthropologues appellent des cosmologies). Et par ailleurs, les technologies de l’espace qui avancent d’un grand pas cette année-là, introduisent de nouvelles possibilités de vie extra-terrestre et de visions cosmologiques.
C’est dans la foulée de ce chapitre que RBW a créé le TAC Future Lab afin d’approfondir cet horizon prospectif des cosmologies alien, qui vient résonner avec d’autres réflexions (et chapitres du Cahier Futurs 2016, 17 et 18), que ce soit pour penser l’avenir de la planète à l’ère de l’Anthropocène, ou encore les enjeux de l’ère post-coloniale et pluriverselle, qu’elle développe cette même année dans le chapitre ‘Réinventer le Soft-Power’.
Quelques pages du chapitre ‘Vers des Cosmologies Alien’
Quelques pages du chapitre ‘Réinventer le Soft-Power’
Rappel des axes de recherche du lab
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