Nos Connaissances bâtissent de Nouveaux Mondes, 80 ans du CNRS, Paris, 2018-19

Nos Connaissances bâtissent de Nouveaux Mondes

Réflexions prospectives et co-design d'un programme pour les 80 ans du CNRS

Direction de la Communication du Centre National de la Recherche Scientifique, Paris, 2018-19.


Ce futur lab consiste à mettre en place une cellule de réflexion prospective avec toute l’équipe de la communication (20 personnes), afin de soutenir le design d’un ambitieux programme d’événements locaux, nationaux et internationaux pour les 80 ans du CNRS, autour du thème ‘Nos connaissances bâtissent de nouveaux mondes’.

-

Il est l’occasion d’utiliser et d’enrichir nos recherches prospectives sur le changement de monde en cours, d’ébaucher des premières cartographies des enjeux multi-scalaires des grandes transitions - qui impulsera ensuite la conception du TAC Future Canvas -, d’ouvrir de nouvelles questions et perspectives d’avenir sur le futur de la connaissance dans toutes ses dimensions.


Présentation du lab


Le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) est le deuxième plus gros institut de recherche scientifique au monde avec plus de 1100 laboratoires dans tous les domaines de la connaissance, et 28 000 chercheurs en France et à l’étranger.

A l’occasion de ses 80 ans la Direction de la Communication souhaite repositionner l’institut à l’avant-garde de la recherche scientifique internationale, en proposant un ambitieux programme d’événements à Paris et en région. Ces événements, structurés autour du grand thème de « Nos connaissances bâtissent de nouveaux mondes », sont destinés aussi bien à la communauté scientifique française, européenne et internationale, qu’au grand public, ou encore aux écosystèmes d’innovation.

Afin d’accompagner la conception et la curation de ce vaste programme, nous mettons en place une démarche d’inspiration prospective (futur lab) pour nourrir les équipes de la Direction de la Communication (20 personnes), co-concevoir et positionner cet agenda dans les transitions et tendances les plus actuelles.

Le lab comprend :

– Une série d’entretiens internes pour clarifier les enjeux stratégiques du CNRS,
– L’apport d’éclairages prospectifs sur les grandes transitions en cours et leurs implications, que ce soit pour la science, la société, ou le monde ;
– Des séances travail en petit groupe ou en atelier ;
– L’apport d’idées et le pré-design de « scénarios d’inspiration prospective » pour faciliter aussi bien la pluralité que la convergence ;
– Des recommandations de lieux, de partenaires ou de formats d’événements de nouvelle génération.

Dans le respect de nos engagements contractuels de confidentialité, nous ne communiquons pas les contenus produits et idées développées.

quelques slides extraites de la recherche amont et utilisées dans le kit d'atelier



quelques images des très nombreux éléments du programme d'événements



Do They Dream of Electric Sheep?, Muzeum Susch, Suisse, 2018

AI x Feminism

a mixed feeling thought experiment

Disputaziune #2 « Do They Dream of Electronic Sheeps » (Curator: Mareike Dittmer), Muzeum Susch, Suisse, 2018.


Cette keynote est l’occasion de reformuler de manière très synthétique les enjeux multi-scalaires de l’IA depuis leur ambiguïté ontologique jusqu’au défis planétaires, puis d’adresser plus spécifiquement la question du genre, en s’appuyant sur de nombreux ‘signes du futur’ ainsi que sur les expériences fictionnelles du lab réalisé cette même année.

-

Biais genrés des algorithmes et du machine learning accentuant les inégalités et les clichés, féminisation archétypale des interfaces de l’IA favorisant leur acceptabilité, sexbots augmenté d’IA, reproduction humaine optimisée ou remplacée par l’IA, IA ersatz de la relation amoureuse ou du besoin d’amour universel…

-

Les enjeux de l’IA qui se jouent en miroir de ceux de l’humanité, permettent de revisiter sous un nouvel angle toutes les problématiques du genre, et de mobiliser les philosophies féministes à l’endroit des technologies et notamment de leur subordination.



Following a series of recent researches about the future of AI and its specific ecology of affects, I would like to create and share a new thought experiment, to highlight critical issues, address ambiguities and play with paradoxes at the cross-road of AI and Feminism. The discursive perambulation will set and navigate a broad almost vertiginous, cognitive panorama, mirroring the one of AI.

RBW

Slides de l'intervention


Video disponible sur Youtube /  Télécharger le programme de la conference ici.


A propos de Dispataziune Susch #2  "Do They Dream of Electric Sheep"?


Challenging beliefs and re-examining assumptions about Artificial Intelligence

The main game changer for the coming years, AI and its (potential) uses have implications and consequences not only in economic terms, but also on culture, ethics and believe systems. Pessimists and those who fear, see rising (human) unemployment and civil unrest coming along, while optimists and those who embrace, are painting a bright future of leisure and creativity.

Either way, other than previous industrial revolutions that saw machinery and tools filling in for mechanical human skills, this time our mental functions are about to be replaced – by machines who are supposed to making predictions and decisions faster and with more accuracy than the human brain can comprehend.

The scale of this challenge has not fully arrived with government agencies, business leaders and scientists, and it seems essential to think about frameworks and regulations that would accompany this change before it settles without other leading forces than the profit-making of the tech industries. Algorithmic deficiencies based on the biases of the programmers need to be identified and a code of conduct as well as greater diversity among the engineers and computer scientists developing AI could go a long way toward minimizing these biases.

To quote Marina Gorbis, executive director of the Institute for the Future: “We need technologists who understand history, who understand economics, who are in conversations with philosophers, we need to have this conversation because our technologists are no longer just developing apps, they’re developing political and economic systems.” These are very present issues that need to be urgently addressed, since the technologies become more prevalent.

Thus, we want to bring diverse speakers from science, art, academia, tech and economy together to analyse the factual status of AI, its impact and its possible futures, and to discuss agencies broaching the mysticism of both technological and artificial power structures, the changing narratives in the human machine discourse and the transfer of gender imbalances from the physical to digital worlds:

Can empathy be programmed and what is it to be human? Does it matter that AI is 95% coded by men? Do we replace the Deus ex Machina with machines with godlike attributes? What holds believes?

By taking facts to arguments and charging them with tension we will intensify the energy thinking holds and playfully expand realities.

Conference page on Muzeum Susch website.


Futur de l’Intelligence Artificielle Générale, Forccast, Telecom ParisTech, 2018

Futur de l’Intelligence Artificielle Générale

Expérience de recherche prospective par la fiction

Commande du programme FORCCAST, Telecom Paris Tech, Paris, 2018.


Cette expérience de recherche menée avec une équipe de chercheurs de Telecom Paris Tech - dans le cadre de sa contribution au programme interdisciplinaire Forccast - a consisté à développer une série de fictions spéculatives situées en 2050 et révélant différents enjeux critiques du paradigme de l’Intelligence Artificielle Générale.

-

Le protocole narratif spécifique et structuré en une série de courts récits enchâssés, permet d’aborder ces enjeux à différentes échelles, suivant notre principe de recherche ‘polygonale’. Ces récits intègrent des personnages mais aussi des organisations réelles et fictives, ouvrant des perspectives plus systémiques, stratégiques ou politiques. Une recherche picturale vient compléter les récits.


Collaboration avec Telecom Paristech et le programme Forccast


Suite à ses recherches dans le cahier Futur(s) et à la sortie de son livre « Paris Ars Universalis, scénario-fiction d’un futur Grand Paris » en 2017, Raphële Bidault-Waddington est mandatée par une équipe de Telecom Paris Tech pour développer une recherche par la fiction sur le futur de l’IA.

Cette expérimentation s’inscrit dans ses engagements pour (et est financé par) le programme transdisciplinaire FORCCAST impulsé par Bruno Latour et porté par un consortium d’écoles et d’universités (Science-Po, Mines Telecom Paris Tech, etc.).

Au sein de Forccast, les partenaires expérimentent différents formats de production et de transmission de connaissances. Du côté de Télécom Paristech, l’équipe conjugue deux dimensions fondamentales du programme : l’analyse des controverses et l’incarnation des acteurs par la simulation ou la fictionnalisation.

Reconceptualiser les enjeux de l’Intelligence Artificielle Générale


Cette collaboration donne lieu à la conception d’une dizaine de situations spéculatives toutes situées en 2050, où l’IA Générale dans toute sa diversité est utilisée et mise en récit pour en dérouler les implications (et les bugs) futures.

Le paradigme de l’IAG, l’Intelligence Artificielle Générale, est ici radicalement reconceptualisé comme celui d’un monde où les IAs se déclinent en de très nombreuses formes et modalités, et viennent trouver leur place dans toutes les dimensions de la société et de la réalité.

A l’inverse du concept habituel d’IA Générale, qui verrait celle-ci comme une forme d’intelligence générique, agnostique, et applicable à toute chose (simulacre d’une intelligence humaine soi-disant universelle), l’IA est ici envisagée dans sa plus grande diversité cognitive, relationnelle et de facto culturelle.

A noter que ce travail de reconceptualisation est essentiel dans la recherche prospective.

Protocole et architecture narrative innovante


Comme RBW l’avait fait dans Paris Ars Universalis, les récits incluent de nombreuses organisations autant réelles que fictives et dotées de stratégies, ceci permettant d’interroger les enjeux de l’IA à des échelles plus systémiques, et non simplement celle de l’expérience humaine (UX) habituellement retenue dans les pratiques de Design Fiction. Ce parti-pris multi-scalaire deviendra un élément clé de toute l’innovation méthodologique du TAC Future Lab et de la conception du TAC Future Canvas.

Le protocole narratif qui utilise un principe de récit enchâssé – chaque sous-histoire est une expérience d’un laboratoire fictif nommé Open Polygon, dont les protagonistes s’expriment et qui a sa propre histoire – permet de réaborder de manière plus critique et théorique chaque situation, et d’ouvrir ainsi encore d’autres perspectives (principe de recherche multi-facette dite ‘polygonale’).
Chaque récit est ainsi précédé d’un ensemble d’hypothèses spéculatives concernant le monde en 2050 et posées en préambule de l’histoire.
Enfin, une recherche d’images, dont certaines sont des créations de RBW, permet de donner à sentir encore autrement les situations et expériences spéculatives du futur de l’IA Générale.

Conçu comme un module d’expérimentation interne à l’équipe de recherche, ces travaux très riches et toujours très actuels n’ont malheureusement pas été publiés faute de budget disponible. Cette matière est cependant remobilisée dans d’autres expérience du TAC Future Lab.

Le Consortium Godel & Glitch (CGG) imaginé dans l’une des histoires est par exemple repris dans une expérience de Design Fiction menée avec les étudiants de l’Ecole Duperré à Paris.

In fine, cette expérimentation méthodologique et narrative, y compris ses écueils telles que sa non-publicisation, vient enrichir les démarches d’innovation méthodologique du TAC Future Lab.